« La cravate, pour un homme politique, c’est comme le maquillage pour une femme dans la vie quotidienne. Mais s’il en porte une rouge, il faut que ce soit un rouge bien adapté à son teint. Sinon c’est la cata ! ».
Avec des tracts de tous les partis étalés sur la table, Roselyne Albié, « consultante en image personnelle et professionnelle » se passionne pour les élections.
Elle a elle-même été contactée par divers candidats, mais se retranche derrière le secret du métier pour ne pas gêner celles et ceux qui lui ont fait confiance.
« Attention, je ne suis pas une magicienne, ce sont aux intéressés eux-mêmes à tirer le meilleur parti de leurs propres ressources, que ce soit pour briguer un mandat ou un poste », souligne cette femme du pays, formée à l’esthétique à Paris et en Suisse, et revenue à Belvès en 1986 pour « boucler la boucle ».
Rompue au calcul de l’harmonisation des couleurs autour des 48 combinaisons possibles de l’intensité (le sombre et le clair), de la température (le chaud et le froid) et de la saturation (le lumineux et le mat), elle est aussi impitoyable pour certains présentateurs TV que pour divers candidats sollicitant nos suffrages.
Harmonie et fluidité.
Outre qu’elle s’étonne de voir (sauf bien sûr s’il s’agit d’une question de moyens) certains candidats diffuser des tracts en noir et blanc, elle s’étonne à ces scrutins, de plusieurs constats : ici une présence solitaire en tête d’affiche, là des coéquipiers microscopiques, ailleurs des lignes de vêtements accentuant le côté anguleux d’un visage, autre part l’absence de tout dynamisme dans une silhouette, ou encore un polo trahissant une fausse décontraction.
Elle ne se veut « ni relookeuse, ni marchande de miracles ». Elle souhaite, en revanche, œuvrer au maximum pour éviter à ses clients le piège d’images éventuellement « mortelles ».
Cette recherche d’harmonie des couleurs, elle la partage avec sa collègue Marie-Ange de Périgueux : leurs études furent parallèles. Cette harmonie permet seule, à ses yeux, au vêtement d’épouser la personne, au message de « couler » et au candidat d’avoir finalement confiance en soi, condition sine qua non de son succès, toutes étiquettes confondues.
Une question brûle les lèvres : et si Roselyne Albié ne débitait que des lieux communs, des vérités de supermarché ? Avec son beau sourire, elle répond sereine : « je ne fais que fournir des moyens, je ne me substitue pas aux clients. L’image est le reflet de ce que nous sommes.
Au titre du conseil en image, discipline développée aux USA depuis plus de quinze ans, je peux essayer d’améliorer une image. Or, ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les statistiques : la communication, c’est 55% d’apparence, 38% de formes d’expression comme vocabulaire, accent ou gestes, et 7% seulement de message verbal… »
Livre d’Or